Euphémisme, litote
Les figures d'atténuation créent les effets opposés des figures d'amplification. Elles visent à réduire la force de certains mots ou de certaines expressions.
Pourquoi atténuer ? Pour adoucir une réalité difficile (mort, maladie, violence), par politesse, par pudeur, ou pour suggérer ironiquement plus que ce qu'on dit.
Au programme : l'euphémisme et la litote.
Définition. L'euphémisme consiste à remplacer un mot ou une expression trop violents, choquants ou douloureux par un terme qui atténue la réalité évoquée.
Effet : il adoucit, ménage la sensibilité du destinataire, traduit le respect, la pudeur ou la politesse.
« Elle nous a quittés » au lieu de elle est morte.
« Il est parti pour l'autre monde. »
« Il dort dans le soleil » (Rimbaud, Le Dormeur du Val) → il est mort.
« Je vais au petit coin. » → aux toilettes.
« Les personnes en difficulté. » → les pauvres.
« Antigone ne peut plus vivre. Antigone nous a déjà quittés tous. » (Anouilh) → euphémisme pour annoncer la mort imminente.
« Il est dans la terre et dans le ciel. » (Anouilh) → désigne la mort.
« Il ne faut pas tuer le père d'une enfant de trois ans. » (Hugo) → l'euphémisme par négation remplace une demande directe de grâce.
Définition. La litote consiste à dire le moins pour faire comprendre le plus. Elle utilise généralement la négation ou un terme atténué pour suggérer une réalité plus forte.
Effet : elle suggère plus qu'elle ne dit, peut être ironique, réservée, polie ou dramatique selon le contexte.
« Va, je ne te hais point ! » (Corneille, Le Cid)
→ Chimène veut dire qu'elle aime Rodrigue, mais elle l'exprime par une négation atténuante.
« Tu n'es pas courageux » → tu es peureux.
« Elle ne va pas très bien » → elle est malade.
« Je ne te hais point » → je t'aime.
« Ce n'est pas une très bonne idée qu'il a eue là. » → c'est une mauvaise idée.
« Je ne suis pas très content ! » → je suis très mécontent.
« Ce n'est pas mal ! » → c'est très bien.
« Ça ne sent pas la rose ! » → ça sent très mauvais.
« Il a du tempérament. » → il est colérique.
Remplace un mot violent ou choquant par un mot plus doux.
« Elle nous a quittés » = elle est morte.
Dit moins pour faire comprendre plus (souvent par négation).
« Je ne te hais point » = je t'aime.
L'euphémisme dit autrement (mot doux pour réalité dure) ; la litote dit moins (souvent par négation) pour suggérer beaucoup plus.
Question type : « Quelle figure de style l'auteur emploie-t-il pour parler de la mort ? Justifiez. »
L'auteur évite-t-il un mot fort ou choquant ?
Mot doux remplaçant mot dur → euphémisme.
Phrase négative qui suggère le contraire → litote.
Pudeur, ironie, politesse, ménagement, dramatisation discrète…
Identifiez la figure d'atténuation :
Les figures d'atténuation adoucissent une réalité forte. L'euphémisme remplace un mot dur par un mot doux ; la litote dit moins (souvent par négation) pour suggérer beaucoup plus. Toutes deux traduisent la pudeur, la politesse ou peuvent être chargées d'ironie.