Hyperbole, gradation
Amplifier, c'est « développer les idées par le style » pour leur donner « plus d'ornement, plus d'étendue ou plus de force ».
Les figures d'amplification grossissent la réalité, exagèrent ou dramatisent pour frapper l'esprit du lecteur.
Au programme : la gradation et l'hyperbole.
Définition. Énumération d'éléments dans un ordre croissant (gradation ascendante) ou décroissant (gradation descendante).
Effet : elle souligne une progression dans l'intensité, l'émotion, la durée ou la quantité, et donne une force dramatique au texte.
Du plus faible au plus fort.
« Va, cours, vole, et nous venge. » (Corneille, Le Cid)
Du plus fort au plus faible.
« Quoi ! Pour son châtiment, Vous ne donnez qu'un jour, qu'une heure, qu'un moment ! » (Racine)
« J'ai six ans, l'année prochaine j'en aurai sept et puis huit, neuf et dix. » (Sefrioui) → gradation ascendante.
« Les cris des enfants s'étaient transformés en torrent, en cataracte, en bruit de rafale. » (Sefrioui)
« On voyait naître le drame, on le voyait se développer, atteindre son paroxysme et finir dans les embrassades ou dans les larmes. » (Sefrioui)
« J'étais ivre, stupide, insensé. »
Définition. L'hyperbole est synonyme d'exagération. Elle consiste à employer un mot ou une expression dont le sens dépasse la réalité décrite, pour frapper l'imagination.
Effet : elle souligne, dramatise, amuse parfois ; elle est très présente dans le langage quotidien (« je meurs de faim ») mais aussi dans la littérature.
Mille feuilles, mille pattes, mille et une nuits, à deux pas de…
monstrueux, catastrophique, géant, infatigable, énorme…
un ange, un prophète, un diable, un ogre, une merveille…
mourir, inonder, éclater, transpercer…
archi-, super-, extra-, hyper-, méga-…
Comparaisons disproportionnées : plus rapide que l'éclair…
« Elle me confia son sac. Il pesait au moins une tonne ! »
« J'ai mille choses à faire. »
« J'ai couru pendant une heure, je suis mort. »
« Et des fleuves français les eaux ensanglantées / Ne portaient que des morts aux mers épouvantées. » (Voltaire)
« Des torrents de larmes inondèrent le visage. » (Sefrioui)
« Elle posait mille questions à ma mère. » (Sefrioui)
« Les cris de Lalla Zoubida transperçaient les murs. » (Sefrioui)
« Ma mère poussait des cris à se déchirer le gosier. » (Sefrioui)
« C'était une tempête, un tremblement de terre, le déchaînement des forces obscures, l'écroulement du monde. » (Sefrioui) → hyperbole + gradation.
« Il avait mille fois raison : rien ne peut détruire, effacer ou altérer la vérité. »
Énumération d'éléments dans un ordre progressif (croissant ou décroissant).
Effet : progression, intensité.
Exagération par le choix d'un mot ou d'un chiffre disproportionné.
Effet : amplifier, dramatiser, frapper.
Question type : « Repérez la figure d'amplification dans le passage et précisez son effet. »
Chiffres énormes ? Termes très forts ? Liste qui s'amplifie ?
Liste progressive → gradation.
Mot/chiffre exagéré → hyperbole.
Émotion forte, dramatisation, ton tragique, comique, lyrique…
Astuce : dans La Boîte à Merveilles, le narrateur enfant emploie souvent l'hyperbole et la gradation pour traduire la vision démesurée qu'a un enfant du monde adulte.
Identifiez la figure d'amplification :
Les figures d'amplification grossissent la réalité. La gradation énumère dans un ordre progressif (ascendant ou descendant). L'hyperbole exagère par des chiffres, des mots forts ou des images démesurées. Toutes les deux dramatisent et frappent l'imagination du lecteur.